Un chantier à proximité d’une voie ferrée n’est pas un chantier comme un autre. Les circulations sont rapides, souvent silencieuses jusqu’au dernier moment, et la caténaire porte 25 000 volts sans aucune protection mécanique. Les distances de sécurité ne relèvent pas du bon sens : elles sont réglementées, et elles ne s’improvisent pas.
C’est l’objet de la formation SECUFER.
Qui est concerné
La règle est simple : toute personne amenée à intervenir sur ou à proximité des voies ferrées. En pratique, cela couvre bien plus de métiers qu’on ne l’imagine :
- les agents et ouvriers travaillant directement sur l’infrastructure ;
- les entreprises de travaux intervenant en emprise ferroviaire ;
- les sous-traitants des grands opérateurs du secteur ;
- les encadrants de chantier et chefs d’équipe qui supervisent ces interventions ;
- le personnel de maintenance et les prestataires techniques ;
- les intervenants de métiers connexes — élagage, clôture, VRD, génie civil — dès lors que le chantier borde une voie.
Ce dernier cas est le plus souvent oublié. Une entreprise d’espaces verts qui intervient le long d’un talus ferroviaire est concernée au même titre qu’une entreprise de travaux de voie.
Ce que la formation couvre
Le programme s’organise autour de trois blocs.
Comprendre l’environnement ferroviaire
Les fondamentaux de la sécurité ferroviaire, l’identification des dangers propres à l’environnement des voies, la signalisation, le repérage des zones dangereuses, et le rôle de chaque intervenant sur un chantier en emprise.
Maîtriser les risques
Les règles de prévention du risque de heurt par une circulation, les risques électriques et électromagnétiques, la distinction entre les infrastructures caténaires 25 000 V et 1 500 V, et les distances de sécurité applicables.
Intervenir en sécurité
L’analyse préalable des risques avant intervention, les consignes à respecter en situation de coactivité, les opérations de manœuvre, et surtout la conduite à tenir en cas d’incident : alerter, protéger, secourir — dans cet ordre.
Durée et formats
7 heures en présentiel ou en visioconférence, soit une journée complète.
4 heures en e-learning, accessible depuis un ordinateur, une tablette ou un mobile.
Le format présentiel reste préférable lorsque les équipes découvrent l’environnement ferroviaire : les échanges avec un formateur issu du métier valent beaucoup, et les mises en situation ne se remplacent pas facilement. Le e-learning trouve son intérêt pour un recyclage, ou pour former rapidement un intervenant ponctuel.
Validité
Un recyclage tous les 3 ans est conseillé. Cette périodicité permet de maintenir le niveau de connaissance et de tenir compte des évolutions réglementaires du secteur, qui sont régulières.
Un recyclage anticipé se justifie dans trois cas : un changement de fonction, une interruption prolongée de l’activité en emprise ferroviaire, ou un incident survenu sur un chantier.
SECUFER et KHO/KHOV : deux choses différentes
La confusion est fréquente. Les deux formations sont complémentaires, pas interchangeables.
SECUFER couvre le risque ferroviaire général : circulations, signalisation, zones dangereuses, conduite à tenir. C’est le socle.
KHO / KHOV est une habilitation électrique, régie par la norme NF C18-510. Elle concerne le travail sur ou à proximité des installations haute tension du domaine ferroviaire — les caténaires, essentiellement.
- Le titre KHO autorise des opérations d’ordre non électrique à proximité d’installations haute tension.
- Le titre KHOV étend cette autorisation au voisinage renforcé, c’est-à-dire aux interventions plus proches des pièces nues sous tension.
Point important, souvent mal compris : l’habilitation est délivrée par l’employeur, pas par l’organisme de formation. Celui-ci remet un avis après formation, sur la base duquel l’employeur — qui connaît le poste, l’aptitude médicale et les compétences réelles du salarié — signe le titre.
Et l’AIPR ?
Troisième formation à considérer, dès que le chantier touche à des réseaux enterrés : l’autorisation d’intervention à proximité des réseaux. Un chantier ferroviaire en comporte presque toujours — signalisation, télécoms, énergie.
Beaucoup d’entreprises forment donc leurs équipes aux trois : SECUFER pour le socle, KHO/KHOV pour le risque électrique, AIPR pour les réseaux.
L’accès au chantier
Sur le plan pratique, l’attestation SECUFER est contrôlée avant l’accès au chantier par les donneurs d’ordre du secteur. Une attestation périmée, ou absente, signifie un intervenant refusé le matin même — avec l’effet en chaîne que cela produit sur le planning.
C’est pourquoi nous recommandons de traiter le suivi des échéances SECUFER comme celui d’un document contractuel, et non comme une formalité de fin d’année.
Comment nous intervenons
FORMYA forme vos équipes dans vos locaux, sur votre site ou dans une salle proche de votre chantier, partout en France. Nos formateurs viennent du milieu ferroviaire : ils travaillent à partir de situations réellement rencontrées, pas de cas d’école.
Nous prenons également en charge le montage du dossier de financement auprès de votre OPCO — souvent OPCO Mobilités ou Constructys selon votre convention collective.